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 Shoot me down again -*

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Luke Midnight

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MessageSujet: Shoot me down again -*   Ven 8 Jan - 23:58

    La petite pierre, dans laquelle il venait de frapper rageusement, dégringola la ruelle en pente dans un bruit presque mélodieux, qui se répercuta de longues secondes dans le silence du soir. Ce n'était pas la première nuit que Luke passait dehors ces temps-ci, bien au contraire. Qu'est-ce qui pouvait bien pousser le jeune aristocrate, si accroc à son confort, à déserter son nid douillet pour écumer les rues les plus malfamées de Londres ? Allez savoir. La raison en était pourtant des plus simples. Depuis qu'Abaddon et Gaëlle étaient venus s'installer dans le loft que partageaient Callyl et Luke, le jeune Midnight ne se sentait plus chez lui. Il passait la majeure partie de son temps enfermé à double tour dans sa chambre, évitant soigneusement le regard d'Abaddon ou ne serait-ce même de se retrouver seul à seul avec lui dans la même pièce. Du côté de Luke, le dialogue était rompu... Définitivement.

    Il lui en voulait de beaucoup de choses. De l'avoir évité pendant ses dernières journées à Poudlard après que leurs beuveries les aient conduits dans le même lit pour une nuit, de croiser son regard parfois posé sur lui, de le voir embrasser Gaëlle, de devoir l'éviter... Une immense colère, étrangement contenue, lui tordait les entrailles, le poussant à se défouler la nuit en arpentant la grande ville de Londres. Quitte à faire de mauvaises rencontres. Il s'en foutait. Appuyé contre la vitrine d'une librairie fermée, il alluma une clope. Puis une autre. Et encore une autre. Ce fut bientôt le paquet vide qu'il laissa tomber à ses pieds, à peine calmé par la nicotine qu'il venait d'absorber. Un verre. C'était ce qu'il lui fallait. Maintenant. Il se trouva une taverne, s'assit dans un recoin sombre et commanda un verre. Puis un autre. Et encore un autre. Un mal de crâne commença à lui scier les tempes, avec une violence presque aussi douloureuse que celle qui lui vrillait la poitrine depuis quelques jours. Sa main, nerveuse, passa sur son visage tandis que le barman l'interrogeait :

    - Vous vous sentez bien, Monsieur ?

    Luke leva son regard bleu-gris vers l'autre qui commençait à l'observer avec une insistance déplacée, comme s'il se demandait où il avait bien pu le voir. Même avec l'esprit un peu embrumé comme l'était le sien en à ce moment précis, Luke sentit qu'il était temps de battre en retraite. Il marmonna un vague "oui", paya ses consommations et sortit se rafraichir un peu les idées. Il n'eut pas vraiment le temps de reprendre ses esprits qu'un sort le frôla de peu, s'écrasant sur le mur contre lequel il était appuyé. Au même moment, le tavernier sortit en hurlant aux silhouettes encapuchonnées qui venaient de l'attaquer :

    - C'est lui, c'est le gamin sur les affiches !

    Luke ne chercha pas à comprendre plus avant et se mit à courir comme un dératé dans la direction opposée. Des cris retentirent, un brouhaha, preuve qu'on lui donnait la chasse. Sans se soucier de savoir s'ils étaient loin de lui ou pas, il s'engouffra dans les ruelles, se perdant presque lui même dans le dédale des rues, paniqué, effrayé et bouleversé. Tournant dans une venelle, il trébucha et s'étala sur les pavés du vieux Londres. N'entendant plus de bruits derrière lui, il se laissa aller, assis, contre le mur qui formait le coin de la rue. Il passa sa main dans ses cheveux châtains et marmonna :

    - Putain, quelle journée de merde...

    Un bruit le fit sursauter et il se releva subitement, vif, la main posée sur sa baguette. Mais quand son regard croisa celui de la silhouette devant lui, son cœur manqua un battement pour des raisons bien différentes de la peur. Il marmonna une imprécation et détourna les yeux, passant à côté d'Abaddon, bien résolu à se casser et à ne pas discuter avec lui.

    - Tu m'excuses mais je crois que je préfère encore me faire coffrer par les Aurors.

    Il poursuivit son chemin, bien décidé à l'ignorer.
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Abaddon M. Van Hellsing

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Sam 9 Jan - 2:30




    La ruelle était crasseuse. Une clope coincée entre les lèvres, il regardait aux alentours. Il n'était pas recherché. Il avait juste fugué. Il n'y avait pas de mise à prix sur un gars comme lui. Il n'y en avait pas, mais il craignait pour Gaëlle, pour son couple, pour... pour Luke. Il grogna et jeta rageusement la clope sur le sol. Depuis des jours entiers il le fuyait. Il partait de la maison, ne revenait que quelques heures par jour, et encore pendant ces rares minutes ensembles, ils ne se tenaient jamais en tête à tête, ne s'adressaient que de rares paroles. Avait-il pu oublié? Abaddon n'était il donc qu'une salope de plus, d'une nuit? La haine était amer, et au bords des lèvres de l'apprenti alchimiste, il trouvait la défaite bien douloureuse pour une nuit où il avait bu de trop, où il avait pensait que trop peu. Plus il y pensait, plus ça le rendait malade en réalité. Beaucoup trop malade pour c'était. C'était qu'une nuit. C'était quoi une nuit dans la longue vie de débauche de Luke Midnight? Ça avait été son meilleur ami, ça avait été tout. Une nuit, ça avait été son amant. Et maintenant, il n'était plus qu'un fantôme de fumée qui apparaissait pour disparaître un peu plus loin. Il sortit son paquet de cigarette. Malboro. Il en sortit une et l'accrocha à ses lèvres. Encore une. Il ne fumait pas. Occasionnellement. La plus part des gens qui le connaissait ne le savait même pas. Il ne fumait que quand la pression était trop grande. Que quand il en avait assez. Assez d'avoir à supporter les mêmes œillades, le même regard sur lui. Un seul regard. Il se serait damné pour une explication, mais il partait toujours. Et il le laissait avec Gaëlle. Elle était belle, elle était sienne. Et il l'avait honteusement bafoué. Sans le vouloir. Cela faisait un peu plus d'un an maintenant qu'ils sortaient ensemble, qu'ils s'aimaient, qu'ils partageaient le même lit, qu'ils passaient les vacances ensembles, qu'ils se sentaient un. Et depuis cette nuit, tout avait été de travers. Tout d'abord, les dérèglements au lit, les rougissements, les idées. Oui, c'est ça. Les idées qui lui venaient, les images, les soupirs qu'il se remémorait pendant qu'il caressait la peau pâle de Gaëlle. Il méritait plus que la mort. Il méritait bien cette souffrance. Il aimait cette souffrance car elle lui rappelait qu'il avait connu, pour la première fois, la peau d'un autre homme, les caresses interdites, les soupirs retenus pour ne pas attirer l'attention. Il avait bien prétexté ne pas s'en souvenir. C'était faux. Chaque détail, chaque mouvement, chaque rougeur sur leurs pommettes, chaque regard fiévreux d'avoir trop aimer en silence... Il entendit un mouvement au bout de la ruelle. Trois hommes, visiblement en pleine discussion. Il tourna le dos et s'engouffra dans une nouvelle ruelle. Il n'était pas prudent, en ces temps de misère, de sortir après une certaine heure, et même si Abaddon était sang-pur, il se voyait là bien mal de devoir donner son identité au premier auror passant. Question de logique. Il déboula dans une nouvelle ruelle et s'arrêta. Au bout de cette dernière, un félin aux yeux azur. Il le fixait, droit dans les yeux. Abaddon arqua un sourcil et pencha doucement la tête. Le chat poussa un hurlement qui fit sursauter le jeune alchimiste, et aussitôt il bondit vers une autre ruelle. Qu'est-ce qui pouvait bien lui avoir fait peur? Le sang pur avança dans la ruelle. Son long manteau de feutre noir claquait sur ses mollets, tandis que son pas lent s'approchait de l'angle de la ruelle. Un visage hideux apparu, derrière un haillon miteux. Le visage avait cette peau, bouffée par la gale. L'alchimiste sursauta.

    « Vous êtes perdu, mon petit? Je peux vous montrer le chemin... » Le rictus malsain fit frissonner le jeune garçon qui recula de trois pas et secoua négativement la tête. « Non merci, ça ira. Je... j'ai juste suivi le chat. » « Mademoiselle Mélierose... enfin... on ne perds pas les jolis garçons dans les ruelles comme ça. » La vieille eut un rire, découvrant une dentition noire et pourrie jusqu'à la gencive. « Vilaine Mélierose... quelle coquine cette Mélierose... » « Euh, certainement. Je.. » « Vous...? » « Je vais rentrer, hein. » « Mais restez donc encore un peu! » La vieille tendit sa main squelettique vers Abaddon qui recula encore un peu plus. « Vous n'allez pas nous quitter alors que... »

    Un bruit dans une ruelle adjacente déconcentra la vieille, assez pour qu'Abaddon puisse courir dans le sens opposé et s'engouffrait dans une nouvelle ruelle. Lui qui était d'habitude si calme, il était vaguement troublé. Il regarda autour de lui : bon sang, où avait-il bien pu échoué cette fois? Les pierres noires étaient humides, et il y avait cette odeur de pourriture et de saleté qui remontait jusqu'à lui. Il eut un haut le cœur en croisant, du regard, le cadavre d'un rat crevé sur le paver sale. Il avança dans la ruelle, et quand il releva la tête, une fine silhouette se détachait de la pénombre environnante, pour finalement échouer sur le sol de pierre. Abaddon fit deux pas, juste assez pour apercevoir le visage de l'inconnu. Un long frisson sinueux lui remonta l'échine et le paralysa sur place. Luke. Ici? Abaddon arqua un sourcil mais déjà Luke se relevait, sans qu'il n'ait pu lui proposer son aide. Allait-il encore fuir? Son cœur accéléra dans sa poitrine. Son sourire trésaille. Abaddon quittait cette mine pleine de confiance qu'il avait sans cesse accrocher sur la face pour une mine bien moins réjouie.

    « Tu m'excuses mais je crois que je préfère encore me faire coffrer par les Aurors. » Un éclair d'incompréhension passa dans les yeux d'Abaddon qui ne bougea pas quand le fugitif passa à ses côtés. « Luke, attends! Je... » Il s'était retourné, aussi sec, et il avait accroché de sa main le bras de Luke. Il le fixa, un instant, avant de comprendre et le relâcha aussitôt. Il était gêné. Comment pouvait il ne pas l'être après tout? Il avait... Il détourna le regard. Il rougissait déjà. Il le savait. Il avait trop imaginé cette scène, des retrouvailles déchirantes. Mais c'était faux, c'était con. Ça ne se passerait pas comme ça. Il le savait déjà. « On s'évite pas mal, et... et je voudrais pas que la... que la nuit qu'on a passé tous les deux nuisent à nos relations. » Il toussa, passa une main dans ses cheveux, nerveux. Il tremblait, un peu. « Je veux dire, t'es un bon ami, alors forcément... 'fin, tu vois, Gaëlle se demande pourquoi tu me parles plus, et tout. Et c'est pas que... » Il déglutit, péniblement. « Je ne voudrais pas que Gaëlle l'apprenne. Tu sais, j'ai... je veux pas qu'elle pleur, par ma faute. Mais je veux pas perdre ton amitié non plus, tu sais... »

    Voilà. C'était dit. Il releva doucement le regard. Son regard bleu cherchait les yeux métalliques de Luke. La gifle, s'il y avait.


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Luke Midnight

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Sam 9 Jan - 18:05

    « Tu m'excuses mais je crois que je préfère encore me faire coffrer par les Aurors. »

    Fuir. C'était la seule chose à laquelle il pouvait penser et c'était ce qu'il savait faire de mieux, après tout. Fuir devant Abaddon cependant, était plus difficile que ce qu'il aurait cru, à fortiori lorsque ce dernier attrapa son bras pour le retenir. « Luke, attends! Je... » Le regard de Luke se posa sur la main d'Abaddon, la fusillant. Il se serait dégagé d'un mouvement sec si son ami n'avait pas eu la bonne idée de le relâcher. Son attention se porta enfin sur le visage d'Abaddon mais celui-ci détourna le regard à son tour et Luke esquissa un sourire dépité. Ils semblaient condamnés à se chercher, mais jamais en même temps et ainsi donc à ne jamais se trouver. Mais après tout, le voulaient-ils vraiment ? « On s'évite pas mal, et... et je voudrais pas que la... que la nuit qu'on a passé tous les deux nuisent à nos relations. Je veux dire, t'es un bon ami, alors forcément... 'fin, tu vois, Gaëlle se demande pourquoi tu me parles plus, et tout. Et c'est pas que... Je ne voudrais pas que Gaëlle l'apprenne. Tu sais, j'ai... je veux pas qu'elle pleure, par ma faute. Mais je veux pas perdre ton amitié non plus, tu sais... »

    Luke eut un rire sans joie, un de ces rires froids et malheureux. Il avait encaissé les coups portés par ses paroles sans mot dire, les uns après les autres. Abaddon se rendait-il compte lui-même à quel point il était blessant ? Ainsi, il ne désirait nulle explication, nul éclaircissement, il souhaitait presque à demi-mots que cela ne se fût jamais passé et, par dessus-tout, il espérait que Gaëlle ne l'apprenne pas... Dans sa diatribe, rien ne se rapportait aux sentiments de Luke ou à ce qu'il pouvait bien penser, non, il n'y en avait que pour lui et sa Gaëlle. Inconsciemment, il s'en était douté, il l'avait deviné et c'était la raison pour laquelle il n'avait pas cessé de l'éviter ces derniers temps : savoir ne signifiait pas vouloir entendre. Le pouvoir des mots, c'était quelque chose qu'il utilisait souvent mais qu'il n'avait jamais vraiment eu à subir. Jamais jusqu'à ce soir. Ses poings se serrèrent malgré eux et ses phalanges blanchirent, sa mâchoire se crispa. Son regard gris, assassin, croisa celui d'Abaddon, bleu, plus hésitant. Il le trouva fragile et embarrassé alors il se détendit légèrement. Il caressa des yeux le visage harmonieux du jeune homme, sa peau blanche, ses... Toutes ces visions qui, irrémissiblement, le ramenaient il y a 5 mois en arrière, à cette nuit, à leurs gestes. « Ce qui vous apporte du plaisir est baigné de nos larmes », avait dit un jour un esclave à ses maîtres. Eux, pour quelques heures de jouissance, ils s'étaient condamnés à des mois de souffrance intérieure et contenue, à porter seuls un secret inavouable. Le plus simple aurait sans doute été une poignée de main, une tape amicale, un sourire et un « on oublie tout et on reste amis », mais ç'aurait été trop simple, ça ne leur aurait pas rendu justice. Ils n'étaient pas assez simplets pour se contenter de ça, pas assez mélodramatiques pour jouer des retrouvailles à l'eau de rose. Il ne restait que la solution la plus douloureuse mais peut-être aussi la plus belle. Luke inspira profondément et lança, cynique et mordant comme il savait si bien le faire :

    « Tu m'fais quoi là, Abaddon ? Le remake de Roméo & Juliette ? J'en ai rien à foutre de tes problèmes de couple ! Si ta gonzesse se demande pourquoi on ne se parle plus, trouve un mensonge ou dis-lui la vérité, démerde-toi, c'est pas mes affaires... »

    Ça l'était un peu pourtant, mais il n'en assumerait pas la responsabilité, il n'avait pas à le faire. Il s'interrompit quelques instants, le temps de reprendre son souffle. Son regard métallique plongea dans les yeux aquatiques du jeune homme puis, il poursuivit, la colère dans sa voix se faisant de plus en plus présente, s'insinuant comme un poison insidieux dans ses veines, s'emparant de son corps et de son esprit avec une violence qu'il trouvait bien douce tant elle lui permettait de se défouler.

    « Tu sais quoi ? La prochaine fois que tu seras bourré et que tu voudras essayer un truc nouveau, trouve-toi un autre cobaye, j'aime pas beaucoup qu'on m'utilise ! » Un silence, court mais pesant, puis la rage étant plus forte, la douleur intérieure, le sentiment de trahison, le tout se mélangeant en un cocktail explosif, Luke fit volte face et attrapa Abaddon par le col, de la main gauche. « Je ne sais même pas ce qui me retient de ne pas te casser la gueule ! » hurla-t-il en levant le poing droit, prêt à frapper.

    Il interrompit son geste. En vérité, il le savait, il ne le savait même que trop. Il ne voulait pas lui faire de mal car il tenait à lui plus qu'il ne l'aurait du. Parce que la réelle douleur, ce n'était pas de penser qu'il n'avait été qu'une "expérience" pour Abaddon, c'était au contraire de le voir tous les jours, de partager les mêmes pièces d'un appartement, de l'entendre parler, sans pouvoir le toucher ou lui dire qu'il désirait son corps au point de ne plus en dormir les nuits, de tourner comme un lion en cage dans sa chambre et de revenir se blottir dans le creux de ses draps en faisant le rêve improbable qu'il le rejoigne.

    « En fait, en y pensant, y'a rien qui me retient. »

    C'était faux, certes, mais ça n'empêcha pas Luke de lui décocher une droite dans le visage. C'était bas, sans doute, mais ça défoule et sur le moment, c'était tout ce qui importait pour Midnight. Se défouler. Se débarrasser de sa rancœur pour ne pas être consumé par elle. Il recula de quelques pas, en grimaçant. Un détail qu'on a tendance à oublier : un coup de poing, ça fait mal. Autant pour celui qui le reçoit que pour celui qui le donne. Luke ouvrit et referma son poing pour soulager sa douleur, évitant toujours avec autant de soin le regard d'Abaddon.
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Abaddon M. Van Hellsing

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Sam 9 Jan - 19:00




    Visiblement, Luke l'avait mal pris. Enfin... Abaddon ne comprenait pas vraiment ce qui ne tournait pas rond. N'avait il pas juste été, le temps d'une nuit, de quoi se défouler? Il y en avait tellement eut, pour Luke, des partenaires, alors pourquoi lui ne passait pas comme les autres dans son esprit, comme une seule et simple nuit? Si ça le gonflait d'orgueil, de n'être pas considéré comme les autres, ça le blessait également de voir que Luke ne le lui pardonnait pas. Il n'avait pas fait exprès. Il aurait pu dire que c'était l'alcool, il se le répétait, mais ce n'était qu'une vérité cachée. Mensonge du perdant. Il avait aimé embrasser ses lèvres, il avait aimé fixer ses yeux. Mais il n'avait pas le droit, tout simplement car il y avait Gaëlle, et qu'elle était sans doute heureuse, et que lui... oh, lui, il se sacrifiant, encore un peu, pour elle. Car il l'aimait, car elle faisait battre son cœur, car elle le regardait sans le voir mais le savait auprès de lui. Ce n'était pas de la pitié. C'était de l'amour, un amour singulier, remit en compte par une seule et simple nuit. Devait il fermé les yeux et acceptait? Acceptait que tout cela ne se reproduirait plus jamais et qu'il devait oublier? Il s'en était persuadé. Il avait rougit les premiers jours en croisant son regard, et encore aujourd'hui, parfois, sa respiration restait bloqué dans sa poitrine, prisonnière de cette même pulsion qui lui avait fait demandé plus qu'un baiser cette nuit. Luke n'était pas responsable. Pas entièrement en tout cas. Et dans cette ruelle... oh, c'était bête. Abaddon releva un peu la tête, croisant le regard métallique de Luke. Oui, il semblait vraiment l'avoir mal pris. Abaddon arqua les sourcils, il ne comprenait pas. Enfin, ça faisait longtemps qu'il ne se comprenait plus lui même de toute façon.

    « Tu m'fais quoi là, Abaddon ? Le remake de Roméo & Juliette ? J'en ai rien à foutre de tes problèmes de couple ! Si ta gonzesse se demande pourquoi on ne se parle plus, trouve un mensonge ou dis-lui la vérité, démerde-toi, c'est pas mes affaires... » Abaddon prit le coup, sans vraiment comprendre pourquoi Luke disait ça. Pas ses affaires, mais c'était avec lui que... et puis, Gaëlle, c'était son amie, non? Et... L'alchimiste posa sa main sur son front, pas sûr d'avoir bien compris ce que Luke entendait par Roméo et Juliette. Il ne venait pas quémander plus. Enfin, pas... Il secoua la tête. « Gaëlle n'est pas le seul problème, Luke, c'est que je veux pas te perdre, nous perdre. Notre amitié, et... » Tout ça. La voix resta bloquait dans sa gorge, la lui serrant. Pourquoi est-ce qu'il disait ça? Abaddon n'était pas un inconnu. Est-ce qu'il traitait ainsi toutes les personnes avec qui il avait une aventure? Le brun ne comprenait plus, mais il voyait bien que Luke s'énervait, et que si ça continuait, il y aurait plus que des paroles lâchées avec une voix cinglante dans cette ruelle. Il y aurait peut être des cris, et peut être même des coups. Et il resta. Il resta car il avait besoin d'entendre sa voix, de comprendre peut être, et... oui, de savoir surtout. Pourquoi. Pourquoi il l'avait embrassé, pourquoi il avait répondu aussitôt, avec tendresse, pourquoi il s'était laissé faire. Ce n'était pas un viol. Luke ne l'avait pas forcé à boire. Il ne l'avait forcé à rien. Abaddon s'était laissé faire. La faute était sur lui. Il le savait. Il la sentait, sur ses épaules, sur sa poitrine, opressante et violente à la fois. « Tu sais quoi ? La prochaine fois que tu seras bourré et que tu voudras essayer un truc nouveau, trouve-toi un autre cobaye, j'aime pas beaucoup qu'on m'utilise ! » « Essayer un...? Mais qu'est-ce que tu racontes? » Abaddon avait repris de la voix, et ses paroles ressemblèrent plus à un éclat de voix qu'à une phrase calme et posée comme il avait l'habitude de dire. Il s'était rapproché d'un pas et avait froncé les sourcils. « Est-ce que t'es con ou t'en fait exprès? Quand est-ce que j'ai dis que tu n'étais qu'un cobaye? » La phrase était sans doute de trop. Abaddon n'avait jamais vu leur... expérience, comme étant celle d'un ingénu voulant savoir et apprendre. Ça avait été autre chose. Ça avait été plus profond, plus sentimental. De son côté.

    La phrase de trop, oui. Une main vint attraper son col et Abaddon fixa cette dernière, puis releva le regard vers un Luke furieux. C'est lui qui aurait du être furieux. Pas Luke. Enfin, peut être que... « Je ne sais même pas ce qui me retient de ne pas te casser la gueule ! » Le poing était déjà haut et Abaddon le regarde, un instant. Il savait. Il savait que ça finirait comme ça, que Luke le lui ferait payer. Il avait trahi. Il avait péché. Il avait fait ce qu'on ne devait pas faire. Ça aurait été sans doute moins dangereux de dire pardon et de fuir, mais Abaddon n'en fit rien et fixa le poing, puis son regard glissa sur Luke. S'il voulait frapper, c'était maintenant. Maintenant, pendant qu'Abaddon se résignait à prendre ce qui était, visiblement, du à la colère. Peut être à la peine. Le regard bleu se cramponna au regard gris. Qu'il était beau... ç'en était presque malsain. « En fait, en y pensant, y'a rien qui me retient. » Abaddon ferma les yeux au moment même où les phalanges frappèrent l'arrête de sa mâchoire. Un petit cri de douleur, étouffé soigneusement, et l'alchimiste recula, posant aussitôt sa main sur sa joue. Ça aussi, c'était douloureux. Douloureux comme rien, en réalité. Car si la douleur n'était que physique, elle passerait. La vraie souffrance, elle, elle était bien plus profonde, bien plus morale. Comme une épine dans le pieds, gênante et torturante, et qui, plus l'on essaye de s'en tirer, plus elle s'enfonce dans les chairs. Il se releva. Il avait l'impression d'avoir bu. Juste qu'il avait mal, et que la douleur lui remontait jusque dans la nuque, jusque dans la tempe. Un mal de chien. Il posa son regard sur Luke. Il avait mal, oui, mais il avait cette fierté, cette droiture qui n'appartenait qu'à lui. Sa famille l'avait éduqué à rester noble dans la défaite, dans la peine. Il était noble. Mais son visage était livide, atterré. Il n'avait jamais été plus blessé. Se faire frapper... Non, il ne rendrait pas le coup. Il ne le rendrait pas, car c'était ridicule. Ce n'était qu'une illusion, un simulacre. Se battre pour oublier? Quelle blague de mauvais goût. « T'as rien compris, pas vrai?... » Abaddon se massa la joue, détournant le regard, et balaya la rue. Personne. Pas un chat. Pas un rat. « J'aime Gaëlle, Luke. Je l'aime. Je le sais. Mais depuis que... qu'on a couché ensemble, j'en peux plus. J'en crève! » Il avait hurlé, puis s'était voûté, un peu, posant une main sur son visage, pour se cacher. « J'me comprends même plus. J'sais même pas pourquoi je me suis laissé faire, pourquoi je t'ai embrassé, pourquoi tu me manques, pourquoi je m'inquiète plus que de raison quand tu sors... J'sais pas... J'sais plus... » Je suis perdu. Il posa une main sur son genoux, le dos rond. Il savait plus, et ça l'angoissait. Ça l'angoissait car il se disait : peut être que je me suis trompé. Peut être que … que beaucoup de chose.


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Luke Midnight

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Sam 9 Jan - 23:31

    Le coup était parti et il s'en voulait presque déjà. Trop impulsif, Midnight, beaucoup trop. Mais il ne réfléchissait plus clairement quand il s'agissait d'Abaddon, tant l'alchimiste, en plus d'embrouiller ses sens, lui avait embrouillé l'esprit. Rien de ce qu'il avait pu dire, ou tenter de dire pour le calmer, n'avait eu l'effet escompté. Au contraire cela n'avait fait qu'attiser la colère de Luke, sa haine viscérale pour celui qui hantait ses nuits, tel un fantôme omniprésent que le moindre geste envers sa direction faisait fuir. Son regard croisa celui d'Abaddon et il eut honte de ce qu'il venait de faire. C'était idiot et puéril mais il n'avait jamais prétendu être adulte. Il n'était qu'un gosse, obligé de fuir, non pas à cause de ce qu'il avait fait mais à cause de ce qu'il était, et il avait beau jouer les indifférents, il avait peur. Peur d'être seul, peur d'être envoyé à Azkaban, peur de ne jamais pouvoir avoir Abaddon. Cette frayeur-là plus que les autres le dévorait de l'intérieur, sans pitié ni repos.

    « T'as rien compris, pas vrai?... » Comprendre quoi ? Il n'y avait rien à comprendre, se dit-il en regardant Abaddon se masser la joue. Il avait très bien compris, si. Il marmonna un truc incompréhensible. « J'aime Gaëlle, Luke. Je l'aime. Je le sais. Mais depuis que... qu'on a couché ensemble, j'en peux plus. J'en crève! » Oui qu'il l'aimait, ça il l'avait bien compris, il était inutile qu'Abaddon prenne la peine de le lui rappeler, remuant ainsi le couteau dans la plaie. Les derniers mots, hurlés, le firent tressaillir et il se décida enfin à le regarder. Il en crevait ? Parce qu'il s'imaginait quoi ? Que Luke, lui, n'en crevait pas ? Mais au moment même où la colère se manifestait à nouveau dans son esprit, il vit Abaddon, la main sur le visage, aussi désemparé, si ce n'était plus, qu'il ne l'était lui-même. L'alchimiste se voûta et Luke avança d'un pas, malgré lui attiré par la détresse du jeune homme. « J'me comprends même plus. J'sais même pas pourquoi je me suis laissé faire, pourquoi je t'ai embrassé, pourquoi tu me manques, pourquoi je m'inquiète plus que de raison quand tu sors... J'sais pas... J'sais plus... » Luke eut un rire cristallin et répondit : « Je ne vous balancerai pas si je me fais prendre, si c'est ça qui t'inquiètes. » Ce n'était pas ça et il le savait très bien mais il n'osait pas comprendre les mots d'Abaddon comme il les avait saisi : était-il vraiment en train de lui dire qu'il n'était pas dégoûté par lui ? Qu'il hésitait ? Ça y ressemblait étrangement mais il se refusait à y croire vraiment. La déception serait trop grande si jamais il se méprenait encore, comme il s'était mépris en pensant que leur nuit valait plus qu'une simple nuit et comme il avait été blessé qu'Abaddon l'évite après cela. Le risque était trop grand : l'ascension émotionnelle aurait beau être grandiose, la chute serait trop douloureuse. Il s'y briserait, non pas les ailes car il était loin d'être un ange, mais il s'y fracasserait les os. Et lui, il était là, voûté, fragile... Luke droit comme un « i », apparemment indifférent, n'en était pas moins torturé intérieurement. Il ne voulait pas l'aider mais il ne pouvait pas supporter de le voir ainsi et fuir, c'était une lâcheté à laquelle, pour une fois, il ne pouvait pas se résoudre. Finalement, il soupira et s'approcha en silence, timidement. Il allait en cramer, c'était sûr, il se préparait des nuits atroces dans l'enfer des amants éconduits. « Hey. » Moins qu'un murmure, un souffle, tandis qu'il posait une main sur son épaule, maladroite mais qui se voulait rassurante malgré tout. « Ecoute si ça te torture tant que ça, laisse tomber. On a qu'à dire que rien ne s'est passé. » C'était dur à dire mais ça faisait moins mal une fois qu'on l'avait sorti. Un mensonge éhonté, mais il mentait à la perfection alors qui aurait pu déceler dans sa voix cette note de désespoir. Il lui en coûtait, énormément, de lui proposer d'effacer leur ardoise, alors qu'il sentait déjà brûler en lui un feu ardent de les savoir seuls et si proches. Un soupir, tandis qu'il le relevait pour le remettre debout, avec un pâle sourire, une mauvaise réplique, un masque pitoyable. Une tragédie. C'est ce qu'il jouait et c'est ainsi qu'on classerait leur œuvre. Une pathétique tragédie, pathétique et minable, rien à voir avec les pièces d'Eschyle. Ici, nul héros, nul courage, simplement la lâcheté et la passion tuée dans l'œuf. « Désolé de t'en avoir coller une. C'était con. » Il inspira. « Allez, il s'est jamais rien passé, on en parle plus. J'me souviens de rien, toi non plus, on avait bu. Trou noir, blackout total. » Il lui tendit une main tremblante, comme pour sceller leur accord tacite, mais à nouveau, il détourna le regard. Une poignée de main pour tout effacer, une poignée de main pour le renvoyer six pieds sous terre. Un sacrifice silencieux de ses sentiments pour préserver l'alchimiste. Qu'importait la victime, si le geste était beau ? Et pour un égoïste comme Luke qui avait toujours juré ses grands dieux qu'il ne se sacrifierait pour personne d'autre que pour Peter, le geste n'était pas seulement beau, il était inattendu.
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Abaddon M. Van Hellsing

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Dim 10 Jan - 2:46





    « J'me comprends même plus. J'sais même pas pourquoi je me suis laissé faire, pourquoi je t'ai embrassé, pourquoi tu me manques, pourquoi je m'inquiète plus que de raison quand tu sors... J'sais pas... J'sais plus... » « Je ne vous balancerai pas si je me fais prendre, si c'est ça qui t'inquiètes. » « C'est pas ce que je voulais dire. » Et Luke le savait, même s'il faisait semblant. Abaddon en fut blessé. Il voulait savoir, comprendre, mais Luke mentait, tournait le dos, encore une fois. Il faisait celui qui ne comprenait pas, alors comment l'alchimiste pouvait il savoir où il en était? Il ne pouvait pas savoir, et ça l'angoissait quelque part, de ne pas savoir où se situer, sur quel pieds danser. Comme si c'était facile pour lui. Il allait pleurer. Tôt ou tard. Comme il avait pleuré le lendemain, tout seul, dans la salle de bain. Il avait inspecté ce visage, il l'avait haït d'être si lâche, si menteur. Un traître. Il n'était que ça. Un pourri. Un moins que rien. Une raclure, une crevure, une... « Hey. » Il renifla, sans savoir s'il pleurait ou si c'était juste un sanglot sans larme. Une main sur son épaule, une chaleur imaginaire à travers le tissu. Ça le fait un peu sursauter, mais il ne la chasse pas, relevant un peu le visage, reniflant encore un sanglot qui n'existe pas, ou qui est mort avant même de salir sa joue ronde et blanche. « Ecoute si ça te torture tant que ça, laisse tomber. On a qu'à dire que rien ne s'est passé. » « Rien ne s'est passé? » Abaddon sent ce frisson sinueux qui remonte le long de son échine, mais ce frisson n'a pas de fin. Ça ressemble vaguement à un tremblement. Ces mots ont un goût amer pour l'alchimiste qui se redresse, avec son aide, son aide, ses mains, qui lui disent d'oublier tout ce bien reçu, voulu, donné. Il renifle. Le sanglot va venir. Déjà ses yeux se mouillent de larme. Il n'a pas l'habitude de pleurer. Bien souvent il a mal à en crever, mais là, la douleur est atrocement profonde. C'est inssuportable. « Je veux pas oublier. » Ces mots sont sortit tout seul, dans un murmure. Peut être même qu'il ne l'a pas entendu. C'est un simulacre. Ils ne sont pas ensembles. Alors pourquoi... oui, pourquoi pleure t-il? Pourquoi il y a cette larme qui se forme au niveau de ses cils et qui ne tombe pas, comme en suspens, attendant l'achèvement, la fameuse épée de Damoclès?

    « Désolé de t'en avoir coller une. C'était con. Allez, il s'est jamais rien passé, on en parle plus. J'me souviens de rien, toi non plus, on avait bu. Trou noir, blackout total. » « Tu... tu veux oublier? » Il renifle, encore, mais cette fois-ci la larme coule réellement sur sa joue. Abaddon envoie son poing contre le torse de Luke, une fois, puis deux, puis se recule. Il a l'air affolé, paniqué. Perdu n'est pas le mot. Non, il n'est pas perdu car il n'existe plus. Il cache son visage mouillé de pleurs dans ses mains, il ferme les yeux. « Je veux pas oublier! Je veux pas! » Il hurle, cette fois-ci, et comme si le ciel a entendu sa supplique sans mot, une goutte, puis deux tombent sur le sol. Une. Deux. Encore une. Et finalement, c'est l'averse qui envahie la ruelle, qui les séparait, qui les rapprochait. Sous sa veste de feutre noire, Abaddon regarda Luke, désabusé. Il avait ce regard qui, creusé par la douleur, ne brillait plus de cette noblesse qui avait été la sienne pendant longtemps. Le Hellsing était à nouveau un homme, et un homme, ça souffre, qu'il le veuille, ou non. « Je veux pas oublier. C'est tricher. Je... j'en ai marre de tricher, Luke. Marre de mentir, de rougir, de détourner le regard. J'aime pas ce malaise. J'aime pas la façon dont tu me fuis. J'aime pas ce simulacre de tragédie, car il me rappelle combien je suis un tricheur, un menteur, et un manipulateur. » Il a un rire, mais c'est un rire grisé, un rire qui n'en est pas un, qui meurt au premier son. « Je sais même pas de quoi j'ai envie. » La pluei cache ses larmes. Il pleut sur Londres. Une averse. Quoi de plus normal? ...Il est là. Luke juste devant. Il secoue doucement sa tête, la pose un instant dans sa main. Il renifle. Ses larmes sèchent, mais pas la pluie qui mouille son visage. Il le regarde. Le scrute. L'envie est dévorante. De sentir ses lèvres, sa bouche, ses yeux, ses mains. Tout. Sa peau, jusqu'à son parfum. Il fait un pas, s'arrête, hésite. « Je... J'ai envie de toi. On devrait pas, je sais. Mais... » Il penche la tête. « Merde. » Il se rapproche, l'empogne par le col et l'embrasse. C'est interdit. C'est mal. Il ne devrait pas. La première fois, c'était Luke qui l'avait embrassé en premier. Mais là... oui, pour une fois, ça serait lui. Lui qui commencerait. Lui qui ferait le pas maudit. Qu'il se damne. Quitte à mourir demain, il s'en fout. Alors il l'embrasse, approfondit le baiser qui devient peu à peu langoureux. Il se fait serpentin, sent le mélange de salive, ferme les yeux, déglutit. Un trop plein de sentiment, de retenu. Cinq mois qu'il rêve de ce corps, de cette bouche, de ce toucher si délicieux. Une obsession quasi malsaine, qu'il défoule, là, tout de suite, maintenant. Il rougit quand il rompt le baiser, son regard bleu va ici et là mais évite, puis finalement croise le regard métallique de Luke. Il s'y accroche, s'y abandonne. Il reste là. Cette seconde, cette minute lui paraît une éternité. Il attends... quelques secondes... La pluie s'est arrêtée. Maintenant. À ce moment précis. « Si tu m'embrasses pas... je considèrerais que ce fut réellement une erreur, une expérience, et j'oublirais. » Ces mots sont dit à contre coeur, mais c'est la réalité. La pauvre réalité.



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Luke Midnight

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Dim 10 Jan - 20:23

    « Désolé de t'en avoir coller une. C'était con. Allez, il s'est jamais rien passé, on en parle plus. J'me souviens de rien, toi non plus, on avait bu. Trou noir, blackout total. » « Tu... tu veux oublier? » Bien sûr que non, il ne voulait pas oublier et il le lui aurait hurlé à pleine voix s'il n'avait pas été aussi persuadé que Abaddon ne voulait plus en entendre parler. Un reniflement et Luke entrouvre les lèvres en voyant rouler une larme sur la joue du jeune homme. Il... pleurait ? Midnight ne comprenait plus grand chose, à vrai dire, il ne comprenait plus rien du tout. Il voulut s'approcher et dire quelque chose mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, n'émettant même pas le moindre son, tandis qu'Abaddon le repoussait de ses poings. Il tend une main vers lui, un geste que le jeune Alchimiste ne voit pas tant il est occupé à cacher ses pleurs en lui dissimulant son visage de ses mains. « Je veux pas oublier! Je veux pas! » Le cri fit sursauter Luke. Il ne s'attendait pas à ça, vraiment pas. Il s'était laissé aveuglé par ce qu'il avait cru comprendre, par ce qu'il s'était imaginé, mais jamais il n'avait eu dans l'idée qu'Abaddon l'ait évité, non pas parce qu'il ne voulait plus le voir mais au contraire parce qu'il réagissait de la même manière que lui à cette histoire. Etait-il possible que...? Une goutte d'eau lui tomba sur le nez et il leva le visage vers le ciel. Ce furent bientôt une autre, puis des dizaines de gouttelettes qui se mirent à tomber. Une averse, à la mode typiquement britannique. Pays de merde. La pluie se fit plus violente, tandis que les deux amis se dévisageaient sans mot dire, soumis à l'intempérie. Les cheveux de Luke s'allongèrent un peu sous l'effet de la pluie et lui collèrent au visage, lui donnant un air misérable. Abaddon, de son côté, n'avait pas meilleure allure. Et leurs regards plongés l'un dans l'autre. La scène était belle, dans l'esprit de Luke. Il trouvait toujours de la beauté dans des choses insignifiantes, dans les moments les plus cruciaux, son attention s'envolait vers des considérations esthétiques. Incorrigible. « Je veux pas oublier. C'est tricher. Je... j'en ai marre de tricher, Luke. Marre de mentir, de rougir, de détourner le regard. J'aime pas ce malaise. J'aime pas la façon dont tu me fuis. J'aime pas ce simulacre de tragédie, car il me rappelle combien je suis un tricheur, un menteur, et un manipulateur. Je sais même pas de quoi j'ai envie. » Luke ne dit rien, ne pense même rien. Son esprit est embrumé depuis que son regard a accroché celui du jeune homme, son corps est engourdi d'une étrange fièvre. Il entend les mots et les écoute, mais il met davantage de temps à les comprendre qu'à l'ordinaire. Cependant, au fur et à mesure que les minutes passent, les paroles d'Abaddon font leur chemin dans sa tête, et les battements de son cœur s'accélèrent. Leurs yeux ne se lâchaient pas d'une semelle mais Luke ne bougeait pas d'un poil. En temps normal, sans doute lui aurait-il sauté dessus mais là... Il avait beau le désirer avec toujours la même intensité, il s'était presque fait une raison à l'idée de ne jamais le posséder. Le posséder à nouveau, c'était s'ouvrir à un bonheur sans pareil mais c'était aussi ressentir la douleur atroce de savoir qu'il ne serait jamais totalement sien. Abaddon avance d'un pas et Luke reste tétanisé, une lueur panique dans les yeux. Il ne faut pas, non, cela fera trop mal. « Je... J'ai envie de toi. On devrait pas, je sais. Mais... Merde. »« Non, il... » Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase, si tant est qu'il ait vraiment eu l'intention de la terminer, que déjà Abaddon s'approchait de lui, l'empoignait par le col et plaquait ses lèvres contre les siennes. Extase. Il s'abandonna au baiser avec douceur et sa réticence du tout début se transforma bientôt en une passion égale à celle de l'alchimiste, une passion belle mais destructrice. Sa main remonta jusqu'à la nuque du jeune homme, le contact de leurs peaux provoquant chez lui une décharge des plus agréables, électrique, un frisson s'emparant de son corps tout entier... Dans leur baiser, cinq mois de retenue, de non-dits, de pensées secrètes, inavouées et inavouables : tout ce qu'ils n'ont pas été capable de se dire... Mais il a à peine le temps de s'y perdre qu'Abaddon l'abandonne déjà, le laissant seul à nouveau face à ce vide de lui. Douleur. Il l'avait su bien avant, la douleur serait trop grande. Son cœur se serre, il se sent défaillir. Mais son regard ne fuit pas, bien qu'étonné, fatigué et heureux, il ne lâche pas les yeux d'Abaddon. Il veut comprendre, il veut lire dans ses prunelles tout ce qu'il a si peur mais si envie d'entendre. « Si tu m'embrasses pas... je considèrerais que ce fut réellement une erreur, une expérience, et j'oublirais. » Luke inspire profondément. Et s'ils s'embrassent à nouveau, que se passera-t-il ? C'est ce que Luke aurait voulu savoir mais c'est surtout ce que l'alchimiste ne disait pas. « T'aurais pas du faire ça... Putain, pourquoi t'as fait ça, Abaddon ? » Il s'éloigna de quelques pas de lui, passant une main nerveuse dans ses cheveux, un peu perdu. Ne pas l'embrasser signifiait le perdre pour toujours et permettre à la douleur de cicatriser. L'embrasser, c'était le posséder un peu en sachant qu'il risquait de ne jamais l'avoir totalement. La question était : serait-il capable de le partager plutôt que de le perdre ..? Luke se retourna et détailla Abaddon ; son visage d'ange, ses lèvres si douces, ses yeux océan. Il avança vers lui d'un pas décidé et s'arrêta à quelques centimètres de lui. Une proximité brûlante. « Fallait pas faire ça... » Il l'attrapa par le col et l'attira vers lui avec presque violence. Il le jaugea du regard quelques secondes. « Parce qu'à partir de maintenant, si tu me l'interdis, je te jure que je te tue... Sans déconner. » Sa main lâcha le col d'Abaddon et se perdit dans ses cheveux, le long de sa nuque, avant de pousser la tête de l'alchimiste dans sa direction. Ses lèvres s'accrochèrent aux siennes avec fièvre, l'embrassant avec une passion sauvage, trop longtemps tue. Sa main gauche passa sous le manteau de feutre de l'alchimiste, exploratrice, aventureuse, désireuse de caresser sa peau, de la sentir frissonner sous ses doigts. La main droite, quant à elle se perd dans sa tignasse, douce et apaisante. Puis ses lèvres quittent celles d'Abaddon tandis que ses doigts tirent les cheveux de l'alchimiste pour faire basculer sa tête en arrière. Alors, avec fougue, il laisse courir sa bouche sur le cou blanc de l'alchimiste, son cœur s'accélérant, lui-même ne contrôlant plus ses gestes. Il assouvit son désir, animal, et peu importe si ça va trop vite pour Abaddon. Ses mouvements se font plus brusques, tandis que ses mains parcourent son corps en oubliant d'être tendres, que ses lèvres se font presque violence pour obtenir ce qu'elles désirent. Il a tant désiré et souhaité ce moment qu'il en oublie tout, qu'il en devient fou, qu'il se sert sans demander à Abaddon son avis...
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Abaddon M. Van Hellsing

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Dim 10 Jan - 22:18




    « Si tu m'embrasses pas... je considèrerais que ce fut réellement une erreur, une expérience, et j'oublirais. » « T'aurais pas du faire ça... Putain, pourquoi t'as fait ça, Abaddon ? » Il s'éloignait. Merde. Abaddon sentit quelque chose de briser en lui, se serrait à l'intérieur, bien profond. Peut être que c'était une erreur au final. Peut être qu'il s'était trompé, et qu'il perdrait finalement réellement Luke. Entièrement. Il serra les poings derrière son lourd manteau. Voilà. C'était fichu. Il baissa la tête, quelque chose sur son visage trahissait ses sentiments. Peut être qu'il aurait du se taire et oublier. Oui. Peut être. Il releva la tête, croisa le regard méttalique de Luke. Pourquoi? Les mots s'emmêlaient dans son crâne, et c'était trop douloureux. Il fit un pas en arrière, mais les jambes ne bougèrent pas. Il était suspendu, suspendu dans l'air. Ce regard sur lui, le détaillant. Abaddon rougit, violemment. Ce regard là, il l'aimait. Il aimait ses yeux là, il en rougissait d'un plaisir quasiment malsain. Obscène était le mot. Il en voulait plus. Cette proximité, il n'en pouvait plus. Il voulait la briser, il voulait la franchir, l'attirer contre lui. « Fallait pas faire ça... » « Tu... » La phrase resta en suspens, attiré contre Luke. Abaddon releva doucement les mains, craignant encore une fois de se faire frapper violemment. Encore une fois. Encor eune gifle qui, malgré tout, était plus que rien, que l'indifférence. « Parce qu'à partir de maintenant, si tu me l'interdis, je te jure que je te tue... Sans déconner. » Abaddon sentit cette main sur sa nuque et ferma les yeux, frissonant doucement d'un plaisir non dissimulé, ses joues blanches se teintant d'un pourpre magnifique. Il se laisse faire, attiré, passioné, son regard le fixe, découvre à nouveau la proximité, sa peau, ses lèvres. Il les désire, il les dévore, et si Luke se fait sauvage et fougueux, Abaddon se fait plus tendre, plus dévorant, l'embrassant à pleine bouche. La saveur de leurs deux langues qui se caressent. Oui, c'est ce qu'il désire. « Je jure... j'interdirais pas. »

    Il entoure la nuque de Luke de ses bras, laissant son corps tout offert à la main baladeuse, et s'il en rougit, il ne s'en offusque pas. Au contraire. Les frissons qui remontent dans son échine appellent à la caresse plus poussée, et il se colle tout entier contre Luke, tout tremblant de désir. Il ronronne en sentant les phalanges sui s'insinuent dans ses cheveux, laisse aller sa tête en arrière, ses mains qui aggripent le tissu du dos alors que la bouche dévore sa gorge blanche qui s'allonge, à la façon des cygnes. Un soupire léger s'échappe de ses lèvres alors qu'il se met à trembler, doucement, d'une excitation qui s'allume doucement. Il a longtemps fait ce rêve, où il se retrouvait à nouveau peau contre peau, et cette bouche. Alors il s'aggripe, un peu, rougissant davantage encore. « Luke, Luke, j'ai mal. » Il secoue la tête, redresse la tête. Ses vertèbres sont douloureuses, mais la douleur n'est que secondaire dans son esprit. Il fait un pas en arrière, l'attire contre lui. Il est brulant, fièvreux. Il attaque ses lèvres, les dévore littéralement, alors qu'une main se glisse sur la chute de reins de Luke, se glisse sous le tissu et caresse doucement et tendrement la peau chaude, car lui n'est pas violent, et si il brûle de passion, lui est calme. Ce calme qui le caractérise si bien. Une main sur la hanche de Luke, une bouche qui dévore ses lèvres. Dans le dos, le mur, mais qu'importe. Il se cambre, une jambe s'étire et il rougit. La proximité, leur deux corps qui se mélangent. Il remonte un peu sa main, et caresse le torse alors que leur baiser est toujours aussi sauvage et langoureux, d'un érotisme rare. C'est un baiser qui n'a rien à voir avec le cinéma, ou avec les jeunes couples. C'est un baiser dévorant, où on aimerait se perdre, entièrement. C'est bien ça. Abaddon se perds, littéralement, dans le baiser, et il avance, un peu, colle son bassin à celui de Luke. Il ne descends pas sa main, car il en a peur, car il est ingénu en cet amour là, entre hommes. Il a bien découvert les corps de Gaëlle, des femmes en général, mais jamais. Jamais avec un autre homme. Gaëlle n'est pas la première, c'est vrai. Mais Luke, oui. Le premier des hommes. Sa voix saccadée de petits gémissements, de petits soupirs. Il colle son front au sien, rougissant. « Si tu savais comme j'en ai rêvé... » Il l'embrasse, chastement, vite. Ça a le goût d'un baiser volé. « Je veux plus, Luke. Je te veux tout entier. »

    Ces mots interdits sortent de ses lèvres. Il le sait, il n'a pas le droit, mais il n'y pense pas. Tous ses moments passaient avec Gaëlle, leur rencontre, leur premier regard. Mais non. Toutes ses caresses n'avaient pas le goût des caresses interdites, tous ses frissons ne valaient pas ceux là. C'était totalement différent. C'était ridicule. Comment oublier un an de tendresse en quelques secondes de luxure? En un baiser. Un baiser, et plus rien n'existait que les yeux gris sur lui, et ses yeux bleus qui se ferment à demi en sentant les mains sur sa peau, alors qu'il pousse un petit râle, léger et qui s'éteinds vite, alors qu'il se mords la lèvre. Il pose sa main sur celle de Luke, la descends. Il est tout rouge, mais il l'a dit. Il veut plus.



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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Lun 11 Jan - 1:47

    « Si mon coeur est à toi, ta vie deviendra
    L'enfer de ceux qui ont le choix.
    Si ton corps est à moi, alors tu sauras
    Que notre amour n'existe pas... »


    « Luke, Luke, j'ai mal. » Il l'entendit à peine, bien trop pris dans les lacs coulants de son propre désir, un désir si vif et si intense qu'il lui en brûlait la peau. Ça avait toujours été comme ça, il avait toujours tout vécu intensément, il avait toujours suffit qu'il demande pour avoir. Mais Abaddon, il avait beau eu le réclamer à la nuit noire, elle ne le lui avait plus jamais amené. Et voilà que, au détour d'une ruelle, Nyx, cette bienveillante déesse, le ramenait dans ses bras, comme un présent improbable, une compensation pour avoir passé tant d'heures à le lui quémander. Noyé dans son plaisir, il laissa le jeune homme se dégager de son étreinte un peu trop brutale mais n'interrompit pas ses baisers, ses caresses, comme si s'interrompre signifiait la fin, comme si arrêter de le toucher signifiait le voir disparaitre à nouveau. Les mains froides d'Abaddon sur sa peau brûlante le firent frissonner et il se calma un peu, reprenant légèrement ses esprits, prenant le temps de le regarder, pas seulement de le posséder. Il avait promis, il avait juré qu'il ne le lui interdirait plus alors il était inutile d'agir avec lui comme s'il allait s'envoler ou comme si c'était la dernière fois. Luke se détendit, inspira profondément et se fit plus sage, plus doux et plus tendre. Il se perd dans leurs baisers, avec passion et sans retenue, se laisse dériver sur les vagues troublantes de son désir pour lui. Il a tout incendié, bien plus que lui-même, il a mis le feu à son âme. Leurs corps se frôlent, se collent, se cherchent et se trouvent. Leurs jambes se croisent et s'effleurent et Midnight ralentit l'allure. Il le désire, comme un fou, mais il veut que ce soit Abaddon qui le réclame. Il veut que l'alchimiste en fasse la demande, comme pour se persuadé qu'il le fait en connaissance de cause, qu'il le fait parce qu'il le souhaite et non pas pour de mauvaises raisons. Comme l'alcool, la dernière fois. « Si tu savais comme j'en ai rêvé... » Luke esquisse un sourire, presque timide, qui s'élargit au baiser presque enfantin que dépose l'alchimiste sur ses lèvres. Ainsi, il en a rêvé lui aussi de ces plaisirs défendus, de ce destin tourmenté, de cette hérésie, cette folie ? Un soupir. « Je veux plus, Luke. Je te veux tout entier. » Une lueur pétillante s'allume dans le regard argenté du jeune Midnight. La main d'Abaddon se pose sur la sienne, descend lentement. Les yeux de Luke caresse du regard le visage aux joues rouges de pudeur de l'alchimiste ; il a une fragilité et une timidité qui l'émeut, quelque chose qui lui donne envie de le protéger. Une grande première pour un égoïste tel que lui. Même s'il a tendance à protéger Callyl également, il sait que le lycan n'a pas vraiment besoin de lui pour se défendre. Abaddon, c'est différent. Il veut plus. C'est ce qu'il a dit. Il le veut en entier et Luke est tout prêt à accéder à sa requête, à se donner en totalité. Sa main remonte avec douceur sur le visage de son ami, écarte une mèche de cheveux encore dégoulinante de pluie, avec affection. Puisqu'il le veut... Luke dépose un baiser sur son front, rassurant, comme pour faire diversion tandis qu'il l'enlace doucement, posant un doigt sur les lèvres du jeune homme pour l'inciter à se taire. Quelques secondes, un bruit caractéristique et ils atterrissent dans une détonation sèche dans la chambre aux tons gris et noirs de Luke. Ce dernier, son doigt toujours posé sur les lèvres d'Abaddon, sort sa baguette et la pointe en direction de la porte. Deux sorts informulés. Un Assurdiato pour ne pas être entendus, un sort de Verrouillage pour ne pas être dérangés. Quelques secondes à rester immobiles, son regard plongé dans celui de l'Alchimiste, l'index toujours sur les lèvres de celui-ci en un ordre muet, juste histoire d'être sûr que Callyl et Gaëlle ne décident pas de tocquer à sa porte pour savoir ce qu'il se passe. Le silence règne dans l'appartement cependant, alors enfin, Luke se détend et rend sa liberté à Abaddon.

    Il envoie sa baguette voler dans un coin de la pièce et retire sa veste trempée pour la jeter sur un fauteuil proche, ébouriffant ses cheveux mouillés au passage. Puis enfin, il revient vers l'alchimiste, toujours planté là, au milieu de la pièce. Avec douceur, il fait glisser le manteau de feutre le long de ses épaules et le laisse tomber sur le sol. Ses mains remontent dans la nuque et le visage d'Abaddon avant de s'attaquer à son tee-shirt pour le lui retirer dans un geste rapide. Il n'en peut plus d'attendre. Il le veut. Maintenant. Son regard s'allume à la vue de la peau blanche et parfaite du torse de l'alchimiste. Ses mains descendent sur sa peau, traçant des arabesques aux significations inconnues, se délectant de son épiderme, de son physique attirant. Il le veut. L'attrapant par le poignet, il l'attire à lui et le dirige vers le lit, l'y poussant gentiment et l'y faisant tomber. Avec nervosité, il déboutonne sa propre chemise, qu'il laisse tomber à ses pieds. Son corps est boosté de l'adrénaline de la première fois, car oui, c'est un peu leur première fois, sobres et pleinement conscients de ce qu'ils s'apprêtent à faire. Il grimpe sur le lit à son tour, surplombant l'alchimiste, à quatre pattes au dessus de lui. Son cœur bat à tout rompre, une chamade incontrôlable mais tellement agréable, tandis que ses lèvres se joignent à nouveau à celles d'Abaddon, avec tendresse et douceur. Ses mains effleurent son visage, son corps, tandis que ses lèvres redescendent doucement sur son cou, son torse puis son nombril. Luke lèche la hanche du jeune homme, avec malice et impudence. Ses doigts, eux, sont déjà prêts à s'attaquer à la ceinture du jeune homme, mais son regard dérive du pantalon d'Abaddon jusqu'à ses yeux océan. « T'es sûr de toi ? » interroge-t-il, son regard divaguant sur les tatouages mystérieux de l'alchimiste, tandis que sa main droite est toujours posé sur la ceinture du jeune homme.

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Abaddon M. Van Hellsing

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Lun 11 Jan - 4:38



    « Je veux plus, Luke. Je te veux tout entier. » Parfois, Abaddon se dit qu'il parle de trop, ou trop vite. Quelque chose de ce genre, qui ne lui fait pas regretter de dire ce qu'il pense ou encore ce qui lui vient à l'esprit, mais qui bien parfois lui amène de mauvaises situations dans lesquels il aimerait ne pas être. Cette situation est différente. Abaddon la désire. Il prends cette main, ingénu en matière d'amour, il rougit, il rougit mais il la tient cette main, et il la baisse doucement entre eux, sans jamais l'approcher de l'un comme de l'autre. Il tremble un peu. Ce n'est pas qu'il a peur, il ne faut pas croire. Il n'a pas peur. Pas de Luke. D'un autre sans doute, mais Luke n'a rien à voir. Cette passion dans les baisers, ce délice, comme les prémices d'un amour naissant. Tout ça ne lui fait pas peur. Au contraire. Il en a envie. À l'en dévorer tout entier. Mais ses ardeurs sont maladroites car il ne connaît pas. Il le regarde, éperdu. Il a ses yeux qui brillent, qui luisent dans l'obscurité, et s'attachent à lui. Les mains remontent, mais celles d'Abaddon restent à la hauteur de ses hanches, alors que celles de Luke remontent. Cette main, qu'il suit du regard, écarte doucement, avec tendresse, une mèche de cheveux. C'est fou. Avec Gaëlle, Abaddon se sent si fort, si puissant, alors... Alors qu'avec Luke, il paraît si faible, si naïf. Un peu comme un enfant qui n'aurait pas fini d'apprendre, et qui aimerait apprendre. Il paraît petit, mais il est fort, aussi il garde un sourire accrochait à sa face, et ses grands yeux s'accrochent aux pupilles grises de Midnight. Quelques secondes. Peut être des minutes. Il ne sait pas. Il regarde de trop. Son regard ne le lâche plus. Qu'importe où il va. Ce n'est pas plus grave. Il ouvre à nouveau les yeux et sous ses yeux, oui, il voit cette chambre qu'il connaît bien, pour y avoir si souvent entrer en espérant y croiser l'amant. Mais jamais rien. Et cette chambre dans l'obscurité... oui.

    Cette chambre qui lui rappelle aussi brutalement que dans cet appartement, il y a également Callyl, son meilleur ami, et Gaëlle, sa petite amie. Ce doigt sur ses lèvres, qui l'empêchent de parler, n'empêche pas ses yeux de s'écarquiller et son coeur de s'accélérer. C'est interdit. C'est interdit. Il trompe Gaëlle, et elle se trouve juste à côté. Alors que Luke se déplace, Abaddon reste au milieu de cette pièce, il regarde autour. Sans trop savoir pourquoi. Il pourrait fuir, partir. L'abandonner. Il a promis. Oui, il a promis, et il a envie. Contradiction douloureuse en lui, qui lutte, qui s'affronte, qui se bat. Souffrance interne. Il reste là, aussi, l'index contre ses lèvres, et il attends, dans le silence le plus complet, quelque chose. Et rien ne vient. Juste ce silence. Il regarde Luke qui se défait de sa veste, et rougit, imperceptiblement, de cette gêne toute timide et enfantine, qu'on accorde généralement aux jeunes filles les plus pures, aux premières fois des jeunes mariées. Abaddon n'est ni une femme, ni pure, ni mariée. Il est candide en ces jeux là, aussi il se laisse faire, laisse tomber ce manteau à ses pieds, sans s'offusquer, et sans prendre les devants non plus. Il se laisse aller aux caresses délicates, lentes, calculées, et il ferme les yeux, lève les bras quand il faut enlever le haut, et laisse retomber ses bras le long de son corps, ses yeux fixant la main qui dessine quelques formes étranges sur sa peau pâle. Il est blanc, et quelques mots, ici et là, font ressortir le contraste. Quelques mots en phénicien, tatoués sur ses avants bras. Quelques mots encore, en anglais, sur son aine que la main caresse pour finalement l'attirer, le pousser. Abaddon est docile. Il n'aime pas les ébats violents, la dureté. La passion. La tendresse. Alors quand on le pousse gentiment, comme ça, il se laisse tomber et il fixe aussitôt le visage de Luke, avec cette douceur infinie des amants éperdus. Il est bien beau, en réalité, avec ce regard là, qui brille d'avoir trop attendu. Il le regarde qui déboutonne sa chemise, et il tremble un peu trop pour venir l'aider, alors son regard fixe le buste imberbe et blanc, le dévore, le détaille. Le détaille d'une façon quelque peu malsaine. Non, pas malsaine. Juste passionnée. Une caresse érotique, avec des yeux océans.

    Il monte sur le lit, et Abaddon étends le bras, allumant la lampe de chevet. Il rougit. Il veut voir. Il veut sentir. C'est drôle comme il peut aimer posséder et se faire posséder, avec la même intensité, bien que l'abandon de soit à quelqu'un semble plus lui convenir, comme s'il aimait se faire docile. Il tends finalement la gorge, goûte aux lèvres attendues, ferme les yeux pour les dévorer tendrement, avec un amour inconditionnel. Il se cambre légèrement en sentant les lèvres qui baisent sa peau, son torse, et ses joues rougeoient davantage quand il s'agit d'embrasser son nombril, son tatouage, et plus bas encore, s'arrêtant à la limite franche que dresse la ceinture, l'alchimiste se redresse sur ses coudes, confus et gêné de cette position qui le met mal à l'aise, mais contre laquelle il n'ira pas. Ne pas la vouloir serait franchement mentir. « T'es sûr de toi ? » Il le regarde, et ses joues le brûlent d'être trop rouge, alors il hoche doucement la tête, de haut en bas. « Si c'est toi, oui. » Dans les rayons tamisés de la lampe de chevet, Abaddon écarte timidement les jambes, pour faciliter sans doute qu'on lui enlève sa ceinture. Ô, bien sûr il rougit plus qu'il ne devrait, mais pour lui, c'est une première fois dont il se souviendra, plus glorieuse que celle où il avait du boire plus que de raison pour finir entre ses mains expertes. Oui, c'est une première fois pour l'alchimiste, et il en rougit d'être si impatient.

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Luke Midnight

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Lun 11 Jan - 21:42

    « Viens seulement une fois,
    Vivre dans mes bras l'amour qui nous est interdit.
    Viens seulement une fois,
    Vivre en même temps la force de l'orage et du vent... »


    « T'es sûr de toi ? » Il ne veut pas le forcer, même si, à n'en pas douter, il aurait sans doute très mal vécu qu'il ne se refuse à lui maintenant. Il en aurait sans doute éprouvé du ressentiment et de la peine, mais malgré tout, malgré sa crainte de l'entendre lui dire "non", il voulait lui laisser une dernière fois le choix. Son regard acier accroche les prunelles bleutées de l'alchimiste, cherchant à y déceler une réponse, quelle qu'elle soit. C'est finalement la voix du jeune homme qui lui répond, dans un souffle, un hochement de tête affirmatif. « Si c'est toi, oui. » Midnight esquisse un sourire affectueux, caressant du bout des doigts de la main gauche les lèvres tant souhaitées. « Ce ne sera que moi. » Il a peut-être un peu trop insisté sur le "que", ça ressemble à un ordre susurré sur le ton de la tendresse mais ça n'en reste pas moins un avertissement à demi-mots. Si un autre que lui pose ses mains sur cette peau nue, il ne répondra plus de rien. Il ne sait pas encore ce qu'il fera mais ça ne sera pas beau à voir, vraiment pas. Pour l'instant, ce n'est pas au sujet du jour cependant, alors il efface cette pensée de son esprit pour se re-concentrer sur ce qui les intéresse tous deux à ce moment très précis. Le jeune alchimiste écarte les jambes, timidement, presque maladroitement, tant son visage aux joues rougies reflète ses pensées, comme une invitation, une preuve de ce qu'il désire lui aussi. Luke dépose un baiser sur ses lèvres, doux, volatile, tout aussi lent qu'il est fugace à s'envoler à nouveau. Ses mains, expérimentées, défont avec fièvre et fébrilité la ceinture d'Abaddon, la lui ôte et l'envoie voler dans un coin de la pièce. Il a une pensée fugitive concernant la difficulté qu'allait avoir l'alchimiste à récupérer ses affaires, éparpillées partout dans la chambre, mais elle s'envole aussi vite qu'elle s'est imposée à son esprit, au fur et à mesure que le pantalon d'Abaddon glisse lentement sur ses mollets, retiré avec un sourire par un Luke aux anges. Le jean rejoint bientôt le reste des vêtements, quelque part sur le sol de la chambre, à moins qu'il n'ait atterri sur un fauteuil ou que sais-je ? A genoux sur le lit, il s'est redressé et le surplombe, pour mieux le regarder, le voir, l'admirer. Il est impatient mais il se montre lent et attentionné, pour ne pas le brusquer ou le rendre plus mal à l'aise qu'il ne l'est. Car oui, sa pudeur est évidente, transparaissant dans chacun de ses gestes, de ses regards, de ses mimiques. Mais Luke prend sur lui et se réfrène, en amant patient et soucieux. 0 nouveau, il se penche sur lui, sa main droite s'appuyant juste à côté de sa nuque, tandis que la gauche plus baladeuse balaye du bout des doigts, comme une sentinelle en reconnaissance, le corps blanc et offert du jeune homme. Sa main caresse son torse puis doucement se pose sur l'intimité d'Abaddon, encore recouverte du caleçon, qu'il n'a toujours pas retiré. Ses doigts pressent et caressent tandis qu'il sent monter en lui son propre désir dans ses entrailles, viscéral. Son regard métallique accroche celui de son compagnon, il le voit presque rougir à vue d'œil, mais il fait fi de son embarras et de sa timidité. S'il faut prendre les opérations en main, il le fera ; il le désire trop pour laisser sa pudeur gâcher leur plaisir. Abaddon apprendra ou n'apprendra pas ; il passera sa vie dans le rôle du professeur s'il le faut, mais il le gardera près de lui, il sera sien, cette nuit et d'autres encore. Enfin il l'espérait avec ferveur. Il attrape du bout des doigts le poignet du jeune alchimiste et le remonte au dessus de la tête de ce dernier, le bloquant de sa main droite. Sa main gauche caresse le bras d'Abaddon avant de revenir vers son sous-vêtement, dernier rempart, dernier obstacle. Luke relâche le poignet de l'alchimiste, au fur et à mesure qu'il lui retire son caleçon. Il est doux, il est tendre mais son impatience transparait dans chacun de ses gestes, de ses regards. Le caleçon rejoint la pile informe de leurs vêtements, tandis que Luke, rapidement retire lui aussi les habits qui l'entravent. « Abaddon... » Ce n'est qu'un murmure, un appel quasi-muet alors qu'il se glisse dans le lit à ses côtés. Ses mains partent à l'assaut du corps de l'alchimiste, légères mais pas moins impudentes dans leur toucher. Ses lèvres s'attachent aux siennes, passionnées et fiévreuses, avant de descendre dans son cou, dans le creux de ses épaules, tantôt tendres, tantôt titillant sa peau du bout de la langue. Ses dents se referment avec douceur sur son épaule, en une morsure sensuelle, pas violente mais entreprenante. Sa main gauche se pose sur sa gorge, possessive, la serrant sans lui faire mal. Il est à lui, n'est-ce pas ? Tout au moins durant ces quelques instants de luxure contrôlée. Le désir lui brûlait la peau, le regard d'Abaddon lui brûlait le cœur. Et là dans ce grand lit froid, il ne demandait qu'à ce que tous deux brûlent leurs ailes. Il serra son corps contre celui de l'alchimiste, comme s'il avait pu se fondre en lui et ne faire qu'un. Ses ongles griffèrent la peau de son dos, transmettant bien malgré eux toute la sauvagerie que Luke retenait en lui, tant bien que mal, toute cette passion généralement rendue en des gestes brusques qu'il transformait comme il pouvait en mouvements tendres. Il n'en pouvait plus de cette douceur, la fougue, comme une horrible faim le dévorait de l'intérieur et à son tour, il se devait de dévorer l'alchimiste. Il rebascula d'un mouvement vif au dessus de lui, bloquant les bras du jeune de sa poigne, en y apposant son poids. Ses lèvres repartirent à l'assaut de celles de l'alchimiste, dévorantes, sauvages, violentes, passionnées. Ses doigts se reserrèrent malgré eux sur les bras d'Abaddon, il en crève à l'intérieur. Son genou écarte les jambes de l'alchimiste et se place entre elle, tandis que ses lèvres repartent à l'assaut de son torse. « Désolé.. » Il ne veut pas le blesser, ni physiquement, ni dans son amour-propre, mais il se perd malgré lui dans l'océan de son désir.
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Abaddon M. Van Hellsing

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Mar 12 Jan - 2:44




    « Si c'est toi, oui. » « Ce ne sera que moi. » C'est ordre, Abaddon l'a bien comprit, mais il ne s'en offusque pas, avec un sourire calme, car il aime entendre cette voix qui tonne, cette voix qui cherche à le faire tout entier sien, et il aime être aimer, tout simplement. C'est sans doute très étrange à dire, mais Abaddon a cette peur panique de tout simplement ne pas être aimer, d'être délaisser. Comment ne pas l'appréciait? Si gentil? Si tolérant? Peut être bien car cette image calme et pacifique, qui jamais ne s'énerve, est montée de toute pièce dans le seul et unique désir d'être aimer, d'être entourer, et jamais abandonner. Ô, il ne triche pas, ne croyez pas. Il a été élevé ainsi, il a grandi ainsi. Ce caractère qui cherche à être aimer il le possède depuis qu'il a l'âge de parler et de comprendre comment fonctionne le monde. Cependant, avec Luke, c'est légèrement différent. Plus léger, plus facile. Il lui suffit de regarder dans les yeux métalliques, de sentir un baiser sur sa peau, des doigts qui frissonnent, pour comprendre qu'il l'aime, ou tout du moins qu'à ce moment là, Abaddon est le seul qu'il désire, et qu'il est le centre de tous ses intérêts. Cet ordre devient une sorte d'aphrodisiaque qui, s'il le fait frissonner, le fait frissonner d'un plaisir pur et sincère, qui accélère le sang dans ses veines et les pulsations de son coeur dans sa poitrine. Le myocarde s'affole. Le sang tâche ses joues aussi, les rends rouge, tandis qu'il écarte timidement les jambes, se cambrant quand il sent les doigts défaire sa ceinture, la lui enlever. Plus de ceinture. Elle tombe quelque part dans la pièce, et Abaddon fixe de ses yeux océans Luke, ce garçon qui le touche sans qu'il ne résiste, qui va plus loin que ce qu'il imagine à chaque fois, trop timide, trop honteux de penser à de telle chose. De l'autre côté de cette porte, il y a Gaëlle et Callyl. Et il ne s'en souci pas. Absorbé par le travail méticuleux et patient qu'accomplissent les doigts, et il frissonne en sentant un froid lui mordre la peau des jambes. C'était également un frisson de désir, car il sait qu'à présent, il est quasiment nu, et que ce n'est pas son caleçon qui le protègera de quoi que ce soit. Surtout pas de ce regard qui le balaye, qui le transperce. Un instant, Abaddon refermer ses cuisses, embarrassé. Son regard dévit, quittant la contemplation du visage de Luke pour se perdre dans un coin de la pièce. Il souffle, car il a chaud, et que ses joues le brûlent. Tant de chose qui se bousculent en lui, encore et encore, et son ventre qui se ressert brutalement. Il n'écoute rien cet estomac, et il se sert comme sa voix dans sa gorge quand Luke revient vers lui. Le regard bleu raccroche finalement à la peau blanche du fugitif. Il se laisse faire, docile, silencieux aussi. Il aimerait parler, il aimerait entendre qu'on l'aime, qu'on le désire, mais ce genre de chose, ça ne sort pas d'une gorge serrée comme la sienne. Pas plus qu'un soupir. Tout reste coincé. Pas tout à fait. Quand la main se pose sur son intimité, il ressert un peu les cuisses, un hoquet de surprise qui traverse ses lèvres. Il ferme les yeux, rougit de plus belle. Mais cette main se fait pressante et aimante à la fois, aussi l'alchimiste lève une main accroche la main et la sert, quand commence à traverser ses lèvres quelques soupirs lourds et légers. Finalement c'est la main de Luke qui lui attrape le poignet, et Abaddon ne réagit pas, son regard trop occupé à regarder cette main caresser sa virilité, sur le tissu certes, mais la presser tout de même. Inconsciemment, il ouvre un peu les cuisses, se laisse aller, et ne fait pas même attention à cette main emprisonnée, se cambrant un peu quand la main se fait plus experte. Son regard ne lâche pas son bassin, et il détaille la chute du caleçon, qui laisse apparaître une virilité bien exacerbée. Seulement elle est gonflée de désir, et Abaddon ferme les yeux, un instant, trop rouge pour les rouvrir. Il ne voit plus rien, il fait le vide, mais il y a toujours cette chaleur au creux de ses reins qui appelle, lentement, vers un délice qu'il se refuse encore à nommer.

    « Abaddon... » Il rouvre les yeux, aussitôt, dans un déclic, alors qu'il sent ce corps à ses côtés. Les grands yeux océans s'accrochent à ce corps, à ses lèvres, détaillent aussi d'une curiosité avide la peau blanche, chaque forme, chaque bout de peau, peau blanche et pâle, mais tellement belle. Il rougit de regarder, mais il tremble aussi d'être toucher. Il se laisse aller, un instant, se laisse embrasser aussi, puis finalement il réponds, car le feu le dévore lui aussi, et s'il est moins impudent, il n'en est pas moins douloureux. Alors il est là, les lèvres dévorantes de leur douceur, s'accrochent, avalent, il frissonne quand leurs salives se mêlent, quand leurs langues dansent d'être à nouveau deux. Ses mains, tremblant un peu, se tendent vers le corps, frôlant sans jamais oser. C'est cette morsure sur son épaule, qui le tends imperceptiblement, qui fait qu'il pose enfin ses mains sur sa peau, qu'il la découvre, la caresse, avec tendresse, sans ardeur, mais avec ce toucher dont on dit qu'il est amoureux de par sa lenteur calculée et son émoi. Le regard de l'alchimiste fixe ce torse, mais déjà il ferme les yeux, sentant cette main sur sa gorge, et il pousse un soupir de plaisir à se sentir posséder. C'est drôle, quelque part, qu'il se fasse posséder sans jamais en avoir eut l'envie. Mais là, maintenant, rien que l'idée d'être, d'appartenir à quelqu'un, à lui donne cette envie de prendre, de toucher, aussi il se rapproche, un peu, de ce corps voisin et jumeau, frôlant du genoux la cuisse de Luke. Il rougit, oui, mais il s'aventure sur un terrain qu'il ne connaît pas, aussi il y va doucement, prenant le temps de comprendre chacun de ses gestes, chacun des soupirs qu'il pousse. À chaque griffure qui se dessine sur son dos sans qu'il n'en dise rien, qu'il en rougisse tout au plus, alors que ses mains à lui effleure la virilité de Luke, sans s'y arrêter, remontant sur ses hanches. Leur deux corps qui se collent, Abaddon qui embrasse ce visage tant aimé, avec une petite fougue naissante, descendante d'une passion connue. Il se laisse aller, faire, sans un mot, même quand à nouveau Luke le surplombe. Il le regarde, laisse ses mains prisonnières. Il y a cette sauvagerie, qui se calme. Elle va et vient dans les veines de Luke. Abaddon le sait. Il a trop bien écouté les conversations des filles dans les couloirs, rougissant d'être aussi indiscret, mais qu'importe maintenant. Quelques exploits sur des femmes ou des hommes, ça ne l'intéresse pas. Il veut être différent. Et il reconnaît là la retenue nouvelle de son ami. « Désolé.. » Un instant. Un instant de contemplation, pour comprendre qu'il est bien là, dans ses bras, qu'il ne rêve pas. « Luke... » L'appel est léger, un murmure, ou peut être un soupir? Qu'importe. Abaddon est là, il temps cette gorge, l'allonge pour venir déposer un baiser sur les lèvres du fugitif, un baiser tendre, qui finit pourtant par être langoureux, excitant. Maladroitement il se redresse sur ses jambes, un peu, à peine, juste de quoi presser son bassin contre celui de Luke, alors qu'il rougit d'appeler autant. C'est lui qui se montre le plus impatient à ce moment. Il embrasse à nouveau ses lèvres, rouge. « S'il te plaît... » Sa voix s'étrangle. C'est trop de demander avec une phrase entière, trop dur de signifier ce qu'il cherche, ce qu'il veut réellement. Une supplique légère, alors qu'il ferme les yeux, un peu honteux. Mais Dieu, qu'il cesse ce feu qui devient douloureux...


_________________

    Même douloureuse, démente, épuisante, triste à se tuer, cette vie reste une vie d'exception; je ne l'échangerais pas contre la vie des gens à qui il n'est jamais rien arrivé.
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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Mar 12 Jan - 20:03

    « Désolé.. » Il l'est réellement car cette sauvagerie lui est naturelle et il ne la contrôle que difficilement, mais le plaisir d'Abaddon passe avant le sien ce soir, alors il se contrôle et se fait tendre. « Luke... » Midnight hausse un sourcil et plonge son regard argenté dans celui d'Abaddon, attentif à chacune de ses paroles, prêt à répondre aux moindres de ses désirs. L'alchimiste l'embrasse et Luke y répond avec délice et langueur, une sage folie, une passion dévorante et maîtrisée. Le corps d'Abaddon se colle contre le sien en un appel muet et lascif et il esquisse un sourire amusé en le voyant rougir à vue d'œil. L'alchimiste dépose à nouveau un baiser fugace sur ses lèvres et le sourire de Luke ne disparait pas de son visage, heureux et comblé. « S'il te plaît... » L'alchimiste ferme à nouveau les yeux, comme incapable d'affronter le regard de Luke, honteux de quémander autant. Midnight soupire, avec concupiscence, et caresse du bout des doigts la joue de son ami ; il ne faut pas qu'Abaddon éprouve de la vergogne, il n'y a pas à en avoir dans un tel moment. « Ne ferme pas les yeux.. » C'est un souffle, une demande apparemment anodine, mais elle est importante aux yeux de Luke. Il veut que l'alchimiste le regarde, qu'il n'ait pas honte de leurs actes. Avec agilité, il bascule à nouveau aux côtés de son ami et l'enlace brièvement, en se collant dans son dos, déposant au creux de son cou et de ses épaules, des baisers rassurants de douceur. Sa main descend le long du bras de l'alchimiste et entrelace leurs doigts, tandis que ses lèvres mordille doucement le lobe de son oreille. Une faim dans ses entrailles, tandis que les mots lui brûlent la langue, il inspire et chuchote, comme un aveu : « Je t'aime, tu sais.. » C'est murmuré subitement, sans ton mielleux ou amoureux, mais ça n'en est pas moins vrai. Il l'aime. Il aime Callyl aussi, mais il préfèrerait crever plutôt que de l'avouer au lycan. Avec Abaddon c'est différent, cette fragilité apparente lui donne l'impression qu'il peut tout lui dire. Il n'attend pas de réponse, non, il n'en demande pas. Il avait juste envie de le lui dire, qu'il le sache. Il n'était pas qu'une passade dans sa vie. Mais il est trop tôt pour ces mots-là, c'est l'heure des actes pour l'instant. Sa main quitte celle de l'alchimiste pour enlacer son torse, toujours dans ce souci maladif de se l'accaparer, de le sentir à lui. Sien. Son corps se colle à celui du jeune homme et son rythme cardiaque s'affole, lui qui en devient presque aussi haletant et timide que le jeune alchimiste. Ses doigts descendent sur sa hanche, qu'il agrippe d'une main ferme mais qu'il veut tendre, et lentement, il s'introduit en lui, franchissant une étape nouvelle dans l'accaparation totale de l'alchimiste. Il ralentit le mouvement à mesure qu'il le sent se crisper sous ses doigts, s'arrête même parfois, soucieux de ne pas le blesser, embrassant sa peau blanche avec lascivité pour l'amener à se détendre. Midnight laisse échapper un gémissement, malgré lui alors qu'il le possède à présent complètement. Il s'arrête, passant une main tendre dans les cheveux de l'alchimiste, éloignant les mèches qui lui tombent dans les yeux. Un moyen aussi de lui laisser reprendre son souffle, de le laisser s'habituer à ce corps étranger. Un dernier baiser tendre au creux de l'épaule de l'alchimiste, puis Luke entame enfin cette danse lente aux mouvements répétitifs, synonyme pour eux deux d'un plaisir qui, s'il devrait leur être interdit, n'en est pas aussi délicieux qu'il n'est délictueux.

    La danse s'accélère au fil du temps et de leurs gémissements, chaque mouvement les rapprochant inexorablement de l'extase libératrice mais aussi de la fin de leur instant de tendresse. Le visage de Luke se blottit dans le cou de l'alchimiste, amoureusement, dans un soupir de plaisir. Une tendresse qui contraste à peine avec le tempo désormais rapide qu'impriment les mouvements fluides de son bassin contre celui d'Abaddon. Sa main s'accroche, comme un naufragé à son radeau, à la peau du jeune homme, à ce corps qu'il voudrait à jamais sien. Ses paupières se ferment et son râle meurt en un souffle dans le cou de son ami, l'odeur enivrante de son parfum déclenchant chez l'Irlandais une apothéose, tellement rêvée depuis cinq mois, qu'elle semble, encore cette nuit, irréelle. Ses yeux se rouvrent, ses mains se desserrent et son corps se détend, de cette lassitude qui survient chez les hommes après l'amour, ce sentiment de bien-être qui leur fait murmurer des mots doux. On n'accorde jamais de crédit aux paroles prononcées dans ces moments-là car elles sont motivées par la sensation de plaisir qui a envahi notre corps. Alors, Luke se retire lentement, reste collé au corps d'Abaddon mais ne dit rien. Les larmes montent à ses yeux sans qu'il puisse les retenir et il ferme les paupières dans l'espoir vain de les garder secrètes aux iris de son amant. « La petite mort », voilà comment les Anciens nommaient le point culminant du désir. Pour Luke, la mort, c'était maintenant. Il en avait tant crevé de penser à l'alchimiste, il se serait tant damné pour un instant comme celui-ci. Et maintenant qu'il l'avait eu, il en crevait tout autant, si ce n'était plus, de ne plus le posséder, de savoir qu'au moment même où il le serrait contre son torse, il n'était déjà plus sien, qu'il ne lui appartenait déjà plus que dans les effluves parfumées de ses draps. Il en était sûr, l'esprit d'Abaddon était déjà ailleurs, dans les bras de Gaëlle peut-être ou dans les affres sans fin de sa culpabilité. Peu importe d'ailleurs où son esprit pouvait être, Luke le savait, il n'était plus vraiment ici. Il en crevait, il en souffrait. Un coup de poing dans la gueule ne lui aurait pas fait plus mal. Il s'éloigne de l'alchimiste, peut-être un peu trop rapidement (et Dieu sait qu'il aurait voulu encore goûter sa peau et ses lèvres !), ses mains attrape un drap et l'enroulent autour de sa taille, en une toge pudique, laissant la couette grise à son ami. Il s'assied sur le bord du lit, sans mot dire, lui tournant le dos. L'attitude peut sembler odieuse et je-m'en-foutiste, mais elle est motivée par la douleur, intérieure et lancinante. Sans doute Abaddon s'y méprendra-t-il, le prendra-t-il comme un rejet, mais Luke n'y pense pas, tout accaparé qu'est son esprit par sa propre détresse sourde. Ses doigts attrapent nerveusement son paquet de cigarettes sur la table de chevet, en porte une à ses lèvres, l'allume. Il la fume avec une rapidité déconcertante et l'écrase rageusement dans le cendrier en marmonnant un :« Putain, fait chier. » Il en allume une autre, aussitôt après. Oui, fait chier ; l'alchimiste, il le perd à nouveau, il le sent déjà. Et demain ? Demain, il le verra s'afficher avec Gaëlle et il en sera malade, il en crèvera en silence, les yeux baissés pour ne pas croiser le regard d'Abaddon. Il en crèvera, il en crève déjà. Et il fume, il fume pour ne pas y penser mais c'est en vain. Il tire sur sa clope comme si sa vie en dépendait, son pied frappant nerveusement le sol en un geste incontrôlé, tandis que sa tête hoche de gauche à droite, comme suivant le rythme d'une chanson qu'il serait le seul à entendre. Il fume. C'est l'oubli qui en dépend.
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Abaddon M. Van Hellsing

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Lun 25 Jan - 2:17




    « Ne ferme pas les yeux.. » Abaddon n'a jamais su affronté la vérité. Pas celle qui le dérangeait. Il n'est pas un lâche pourtant, pas quand il s'agit de se défendre ou de crever. Mais dans les sentiments, il a toujours été des plus fragilisés. Car il n'a jamais eu à dire je t'aime, car il n'a jamais eu à dire quoi que ce soit à quiconque. Il a toujours été tout seul. Il a toujours évolué de lui même, et sans jamais dire ce qu'il ressentait. Et aujourd'hui, on le confrontait à la réalité, à celle qui était cruelle et mordante à la fois. Celle qui lui disait qu'il n'était qu'un tricheur. Un salaud. Il savait ce qu'il était, mais fallait il qu'en plus il l'affronte de ses propres yeux? Il avait honte, mais il ouvrit les yeux, après un cours instant. Son regard se planta aussitôt dans les yeux serpentins de Luke, avec un sourire en coin, quasiment invisible. Il avait peur, peur que tout s'arrête, peur que tout continue. Il voulait que ça continue. Il le voulait trop. Il laisse faire, se laisse abandonner puis retrouver, frissonnant en le sentant coller à son dos, et se cambre imperceptiblement, sans même le savoir. Il tourne peu la tête, à peine, car les baisers le distraient et le font ronronner comme un félin. Quand il dévore le lobe de son oreille, il se tends. « Je t'aime, tu sais.. » Il sert ses doigts qui se sont mêlés au sien, tourne la tête. Son regard en dit long sur ce qu'il ressent, sur ce qu'il aimerait dire mais les mots sont serrés dans sa gorge, trop serrés. Il rougit. C'est impressionnant cette façon qu'il a de baisser les yeux, lui si fier, lui si arrogant. C'est qu'Abaddon a cette fierté, cette dignité qu'ont les sangs purs, et qu'il abandonne le tout dans les bras de Luke, sous ses baisers brûlants d'une passion qui le dévore tout autant. Mais il n'est pas le temps de réfléchir quand il sent cette main entourait son torse, le collait à lui. Dans son dos, il le sent, il est là, bien présent, tout aussi désireux d'une suite que lui, et cela fait soupirer Abaddon d'une plaisir qu'il ne peut plus dissimuler. Il n'y a plus rien pour se cacher. Plus aucun vêtement pour faire semblant. Ô, il n'a pas peur, pas même quand cette main accroche sa hanche, pas même quand il sent que le moment tant attendu vient. Il tremble un peu, au début. Avant de le sentir contre lui, entrant en lui. En lui. Ses doigts serrent le drap à force qu'il le possède, et il cherche à se détendre, comprenant là qu'il n'a pas à avoir peur. Mais il n'y arrive pas, pas au début. La douleur est là. Autant physique et morale. Mais il relâche finalement les draps, reprenant son souffle. Il se sent bien, là, dans ces bras, serré tout contre lui. Au premier mouvement, il se cambre comme il le faut et il soupire, lourdement. Ses gémissements se font généreux et abondants, car il ne connaît pas ce genre de plaisir, ou tout du moins il ne l'a connu qu'une fois. Il accroche les draps, sent son corps brûlait, et la morsure brûlante de leur deux bassins, qui vont et viennent en choeur. Il rejette parfois sa tête en arrière, pose une main sur son front. Il retient chacun de ses cris, chacun de ses gémissements, et pourtant ils emplissent toute la chambre. Un râle remonte dans sa gorge et se meurt, finalement, dans un dernier mouvement qui met un terme à son agonie. Il se laisse aller, dans les draps, posant sa main sur sa virilité alors douloureuse de plaisir. Il soupire, fermant les yeux pour mieux se remettre. Son corps tremble de plaisir et d'excitation passée, pour finalement que la fatigue engourdisse son corps qui se détends dans les draps, abandonné un instant par la chaleur entre ses reins. Il y a une trace en lui, une trace qu'il lui faudra effacé, mais une trace tout de même. Il se sentait si bien... si calme... C'était étrange. Un sentiment vraiment étrange. Il n'aurait jamais pu se lever à ce moment là. Il avait cette faiblesse particulière qui le laissait vulnérable à tout. Il releva la tête, un peu endormi sur le moment. Il était nu, la couette sur les cuisses. Il tire vers lui la couette, se trouvant pudique et finalement regarde derrière lui, au bout du lit. Luke. Luke? Il se rends compte, soudainement, qu'il fait froid. Qu'il a froid et que le froid est mordant. Cette cigarette, fumée avec rapidité, puis finalement écrasée. Une autre. Il renifle, un peu. Il sent déjà les larmes. Il ne doit pas pleurer. Pas maintenant. « Putain, fait chier. » Il attends, dans le silence. Quelques secondes. Se redresse, un peu. Ce n'est pas les larmes qui tombent, mais une colère aveugle et silencieuse. C'est une colère qui n'a ni nom, ni rien. Juste cette haine profonde, viscérale, qui remonte lentement dans ce corps. Il tire la couette à lui, s'y couvre. « C'est moi qui te fait chier, Luke Midnight? » Il y avait une pointe de colère dans sa voix, alors qu'il tenait bien contre lui l'épaisse couverture. Il tremblait. D'angoisse, de colère. Il venait de tromper sa copine, pour être en accord avec ses sentiments, et tout ce qu'il trouvait à dire – à faire – c'était ça? Il renifla. « Je suis pas une salope. Je suis pas comme toutes ses putes que tu prends et que tu jettes. Si... si je suis venu... » Il renifle, une larme coule, sans qu'il ne le veuille. « Si je suis venu, c'est car je croyais que tu étais différent. Que c'était différent. Que tu m'aimais comme je t'aime, et... et... et je te fais chier? » Il se relève, tire la couverture avec lui. Il cherche du regard, un peu paniqué, ses vêtements. Il trouve ici un caleçon, se penche et l'enfile. Il tremble comme une feuille, mais les larmes ont cessé, quoi que ses yeux sont encore mouillés. Il le déteste. Il le déteste sincèrement. Lui aussi, il s'est fait avoir. Comme tous les autres...

_________________

    Même douloureuse, démente, épuisante, triste à se tuer, cette vie reste une vie d'exception; je ne l'échangerais pas contre la vie des gens à qui il n'est jamais rien arrivé.
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Luke Midnight

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MessageSujet: Re: Shoot me down again -*   Dim 7 Fév - 20:39

    « Putain, fait chier. » Et son crâne le fait souffrir comme si un marteau tapait dessus continuellement. Et sa peau, elle le brûle. Il n'aurait pas du dire ça et il le savait, mais il n'en avait pas vraiment eu conscience. Les mots avaient été prononcés pour lui-même plus que pour le jeune alchimiste mais bien entendu, il n'avait pas pu ne pas l'entendre. Luke l'aurait voulu à lui, à lui seul, dans un désir égoïste d'être le seul à effleurer ses courbes, dans l'espoir hypocrite d'être le seul à être aimé de lui. Mais, tapie dans leurs ombres, la silhouette floue de Gaelle refaisait déjà surface, tant dans l'esprit de Midnight que dans celui d'Abaddon. L'un comme l'autre ne sauraient se défaire avant longtemps de la jeune femme. La fumée de la dernière cigarette lui montait encore à la tête et il observa les volutes grises s'élever vers le plafond mais le froissement des draps le tira de sa torpeur. Il se retourna et laissa son regard glisser sur le corps d'Abaddon, lequel, dans un dernier mouvement de pudeur, s'était couvert de la couette. « C'est moi qui te fait chier, Luke Midnight? » Luke hausse un sourcil interrogateur et ouvre la bouche, un peu surpris, comme pour parler, mais la colère d'Abaddon se lit sur ses si beaux traits et il n'ose pas prendre la parole. L'arrogant Midnight à court de mots blessants ou de paroles enjôleuses ? On aura tout vu. Plus que l'expression froide de son visage, c'est la façon dont il a prononcé ses noms et prénoms qui l'a incité à rester coi. « Je suis pas une salope. Je suis pas comme toutes ses putes que tu prends et que tu jettes. Si... si je suis venu... » Que... Quoi...? Luke ne comprenait plus vraiment grand-chose à la situation mais une chose était sûre, quelles que soient les raisons pour lesquelles Abaddon s'était mis cela en tête, il se trompait au plus haut point. Il n'était pas un ou une des autres. Il ne l'avait jamais plus été depuis leur première nuit, jamais. Luke en avait passé des heures lentes à caresser d'autres corps pour oublier le sien, mais il n'avait jamais oublié la peau de l'alchimiste. Il aurait abandonné toutes ces pratiques de débauche, toutes ces nuits à trainer dans les bras et les draps d'autres, si Abaddon le lui avait demandé. Mais cela, l'alchimiste l'ignorait, tellement persuadé que Luke n'avait pas de cœur qu'il n'imaginait même pas ce qu'il aurait été capable de faire sur un simple mot de lui. Son drap maladroitement noué sur ses hanches, le jeune homme se lève et fait face à l'alchimiste en silence, sans comprendre pourquoi cette larme roule sur sa joue. Il esquisse un mouvement vers lui, mais à nouveau, c'est un geste inachevé, interrompu avant même d'être né. Il y a une capacité étrange, unique à Abaddon, qui ôte au prétentieux et narcissique Luke toute sa belle assurance. Il s'en détesterait presque d'être si faible face à lui, de se trouver ainsi, embarrassé et sans armes. « Si je suis venu, c'est car je croyais que tu étais différent. Que c'était différent. Que tu m'aimais comme je t'aime, et... et... et je te fais chier? » Luke détourne le regard. Oserait-il vraiment prétendre qu'il est différent, plus conforme à ce qu'Abaddon attend de lui ? Et après tout, qui est-il pour lui donner des leçons, lui qui se noie à nouveau dans une nuit avec lui alors qu'il devrait être auprès de sa chère Gaelle ? Il pourrait le lui balancer à la figure, oh oui, il en serait capable, mais il y a une chose que Luke ne désire pas : blesser l'alchimiste. Alors peut-être que, oui, en effet, c'était différent, mais Luke s'était tellement complu dans sa réputation de débauché sans sentiments que le personnage avait déteint sur lui plus qu'il ne l'aurait pensé. En était-il capable ? Il l'ignorait mais il savait une chose, cependant : s'il en avait la capacité, ce ne pouvait être qu'avec Abaddon. Il était le seul suffisamment fort pour le retenir. Et alors que l'alchimiste se rhabillait, Luke, rapide et félin, fut à ses côtés, toujours drapé dans le tissu blanc, attrapant le poignet du jeune homme avec peut-être plus de force qu'il ne l'aurait voulu, l'attirant vers lui, plongeant son regard dans celui de l'alchimiste.

    « T'as passé l'âge de faire l'enfant, Abaddon. » Un sourire nait sur les fines lèvres de Luke. Il va jouer et ça se voit à des kilomètres à la ronde, prévisible Luke. Beaucoup trop. « Tu n'es pas comme les autres, si ça peut te rassurer... » Avec lenteur, il relâche le poignet du jeune homme, juste le temps de distraire son attention et de lui arracher la couette pour la jeter sur le lit. Il a dans les yeux cette lueur prédatrice qu'on lui connait bien, son éternel sourire vissé sur son visage. « Non. » Il avance vers Abaddon, le forçant à reculer, l'acculant contre le mur froid de sa chambre. Oseras-tu ouvrir la porte, Abaddon, et sortir dans le couloir en tenue si légère ? Oseras-tu élever la voix et risquer de réveiller ta chère et tendre ? C'est ce que son regard, plus ou moins menaçant, semble lui demander de façon muette, tandis qu'il passe sa langue sur ses lèvres. « Toi, tu es bien plus naïf que tous ceux que j'ai pu rencontrés avant toi. Tu crois en l'Amour, Abaddon. » Il laisse échapper un petit rire, sec. « Toi qui me connais si bien, tu espères vraiment des sentiments de ma part ? » Sa main droite se pose sur le mur, s'y appuyant, juste au niveau du visage du jeune alchimiste, tandis que la gauche, remontant du torse nu d'Abaddon jusqu'à sa figure, s'accroche à son menton, possessive. Ses lèvres se collent à celles du jeune homme, sauvages et inquisitrices. « Comment peux-tu espérer ça de moi, Abaddon, alors que tu vas te glisser dans les draps de Gaelle d'ici quelques minutes ? » Sa main gauche remonte plus haut, à nouveau, et se perd dans la tignasse brune d'Abaddon, l'agrippant sans douceur. Dans les yeux métalliques de Luke, ce n'est plus de l'amusement, mais de la colère, une colère teintée d'une triste souffrance, tandis que les larmes, de détresse, de rage, d'impuissance, montent à ses prunelles acier, brouillant sa vue, lui montrant le monde derrière un rideau humide. « Hein ? Dis-moi, Abaddon, toi qui me connais si bien, ai-je la dégaine du type qui va souffrir en silence en regardant lui passer sous le nez, chaque jour, ce qui ne sera jamais à lui puisqu'il appartient déjà à une autre ? » Ses mâchoires se crispèrent, tandis que les larmes, rageuses, dévalaient ses joues, lui rendant la vue, et c'est avec colère que ses doigts se serrèrent dans cheveux d'Abaddon. « Dis-moi, donc, Abaddon, pourquoi je subirais cette souffrance au quotidien, hein ? » Il déglutit et relâcha sa prise sur la tignasse de l'alchimiste. « Je meurs d'envie que tu me donnes une réponse. » En vérité, il ne mourrait que pour une raison valable, un lot de consolation, une miette qu'il lui aurait jetée, car, dans son for intérieur, il savait déjà qu'il avait sciemment accepté de souffrir.
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